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Les changements climatiques en horticulture ; La transformation des saisons

Mis à jour : janv. 26

Tempêtes, sécheresses et inondations sont des conséquences accablantes de notre climat qui se réchauffe et se transforme. Ces changements ont des répercussions majeures sur nos saisons et nos cultures. Les scientifiques ont étudié le climat de notre région pour la période 1981-2010 afin de nous aider à visualiser les tendances à venir. Les scénarios fournis dans ce texte viennent des climatologues d’Ouranos, consortium de recherche québécois sur la climatologie régionale et les changements climatiques. Ces données sont les plus à jour sur le climat de la région de la Montérégie pour la période 2041-2070, appelé horizon 2050.


L’hiver ; la mort lente du géant de glace


Les hivers froids et la neige abondante que nous connaissons vont tranquillement disparaître dans les prochaines décennies. Les grands froids seront moins fréquents. On parle d’une augmentation de 5 à 10°C de la température la plus froide de l’année. Les précipitations de pluie et de neige augmenteront de 33mm. Pourtant, l’accumulation de neige au sol diminuera de 42% (une moyenne de 0,7m en 2050 vs une moyenne de 1,2m pour la période de 1999-2010). La neige sera donc présente sur une plus courte période.


Ces changements auront des impacts sur les cultures. Les insectes ravageurs et les ennemis des cultures survivront plus facilement à ces mois autrefois plus hostiles. À cause du manque de neige, les cultures pérennes seront plus exposées au gel et les redoux plus fréquents affecteront la dormance des cultures comme l’ail et les parcelles d’engrais verts.


Le printemps ; le réveil de la force


Le printemps plus hâtif devancera la fonte des neiges. Les derniers gels arriveront douze jours plus tôt et les précipitations de pluie connaîtront une augmentation de 26mm. La saison de croissance des cultures augmentera de 23 jours.


Ces changements auront des impacts sur les cultures. Les sols non-couverts seront exposés plus longtemps à l’érosion. Si le sol le permet, nous pourrons entrer dans les champs plus tôt pour semer et implanter les cultures. Nous aurons aussi la possibilité de planter des espèces et des variétés plus exigeantes à la chaleur.


L’été ; le baiser du Soleil


Alors que les quantités de pluie seront similaires à celles d’aujourd’hui, les précipitations seront plus intenses et plus fréquentes sous formes de cellules orageuses localisées. Nous aurons en moyenne 33 jours de canicules (température de plus maximale au-dessus de 30°C), soit 24 jours de plus qu’actuellement. Comme il fera plus chaud avec la même quantité d’eau, il y aura donc une augmentation du déficit hydrique. Les précipitations ne seront pas assez importantes pour combler le besoin en eau des plantes.


Les impacts de ces changements sur les cultures seront majeurs. Les étés plus chauds permettront à de nouveaux ennemis de s’installer dans nos jardins et les espèces déjà présentes exerceront une plus grande pression sur les cultures. Les chaleurs extrêmes vont affectées les cultures de climat frais comme la laitue, les épinards et les radis. Les cultures souffriront du manque d’eau, ce qui augmentera les besoins d’irrigation.


L’automne ; le couteau à double tranchant


Les automnes seront plus longs et plus chauds. La température augmentera de 2,9°C et la quantité de pluie tombée sera similaire à celle d’aujourd’hui. Les premiers gels arriveront 14 jours plus tard, autour du 27 octobre.


Ces changements pourraient apporter de nouvelles opportunités. Les récoltes seront alors prolongées pour les cultures indéterminées, car le gel qui affecte habituellement les fruits arrivera plus tard. Toutefois, si la récolte s’effectue lorsque les températures sont plus chaudes, les fruits et légumes seront plus difficiles à conserver.


Les changements climatiques ont des répercussions majeures sur notre métier. Les années à venir seront remplies de défis. D’un côté, nous pourrons profiter d’une saison de récolte plus longue et nous pourrons même intégrer de nouvelles cultures de climat plus chaud. Mais de l’autre, nous serons confrontés à des chaleurs extrêmes, de nouveaux insectes ravageurs et un manque d’eau nécessaire pour la croissance des cultures. Par chance, certaines pistes et solutions sont à notre disposition pour s’adapter à ces changements. Nous vous présenterons prochainement les dispositifs déjà mis en place à la ferme et ceux à instaurer dans les prochaines années.


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